Incendies : un élan de solidarité hors du commun

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Incendies : un élan de solidarité hors du commun
De la Secrétaire d’Etat, en passant par le président du Conseil Départementale du Vaucluse, le directeur du SDIS ou encore le responsable du CCFF, tout le monde a salué l’élan de solidarité qu’a connu le territoire cet été pendant les terribles incendies. Une générosité qu’a pu constater Julien Leroy, gérant du Café bleu, à La Bastidonne.
« Au départ, j’étais pas vraiment paniqué. La fumée et le feu n’étaient pas visibles à la Bastidonne », avoue Julien Leroy, assis à la terrasse de son Café bleu. En effet, à cause de la direction du vent, le gérant de l’établissement n’évalue pas l’importance de l’incendie. Il réalise petit à petit lorsqu’il reçoit un appel. « Mon père vit à Pertuis. Il venait de voir les infos et m’a appelé. Il était très angoissé ». Les canadairs arrivent sur place pour régler le départ de feu. Mais quelques jours, l’incendie reprend de plus belle. « J’étais sur la route de Manosque et je voyais que ça prenait une ampleur phénoménale ». C’est à ce moment-là que les coups de fil s’enchainent pour aider à évacuer les gens autour du village, au centre équestre ou ailleurs. Le lendemain, le poste de commandement s’installe sur la place principale de La Bastidonne. Des camions, des pompiers et des membres du CCFF sont là. Il n’y a plus de doute sur la gravité de la situation. « Le maire a très vite demandé à mettre à disposition de la nourriture pour les CCFF », se souvient Julien. Les restaurants La terrasse et Le Café bleu fournissent alors des repas. L’opération dure une quinzaine de jours. Des gens partent aussi récupérer des dons alimentaires. Bref, l’entraide s’organise.
« Pendant une quinzaine de jours, plusieurs centaines de pompiers étaient présents. À la fin, ils étaient exténués, ils dormaient parfois à même le sol, sur le bord du chemin ». Des habitants passent pour les réconforter. Des enfants viennent donner des gâteaux. Certains proposent une chambre pour héberger des personnes évacués ou des soldats du feu. Un élan de solidarité qui ne surprend pas le gérant : « Dans la région, tout le monde ou presque a un membre de la famille dans les pompiers. Ils jouissent d’une vraie sympathie. Pareil pour les gars du CCFF. »
Une expérience forte, dont se souviendra Julien. « C’était la première fois que je voyais un incendie d’aussi près, mais aussi toute l’organisation que ça implique. C’est impressionnant. Et en même temps, c’était rassurant et beau de voir la générosité des gens, la solidarité. Tout le monde s’est inquiété de tout le monde ».

Des réactions unanimes
Brune Poirson, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire : « Il y a eu un vrai élan de solidarité locale qui montre à quel point la population et les habitants sont touchés par les événements. C’est un élément qui a été salué par l’ensemble des maires »

Le colonel Noisette, directeur du Service Départemental d’Incendie et de Secours (Sdis -Vaucluse) : « On a pu voir une vraie solidarité de l’ensemble de la population à l’égard des pompiers, à l’égard des gendarmes, mais aussi entre voisins, en acceptant de les héberger. J’ai vu à Mirabeau des gens proposer d’héberger des gens qu’ils ne connaissaient pas, à qui ils n’ont jamais parlé ou se sont à peine croisés. Et ce soir-là, tout le monde était là sur la place du village. Pas seulement les victimes des incendies mais aussi ceux qui venaient en aide et il y a eu une vraie solidarité. Heureusement on s’aperçoit que quand bien même la société est de plus en plus individualiste, il reste des moments comme ça où la solidarité continue à s’exprimer. C’est quand même très encourageant ».

Robert Tchobdrenovitch, maire de Mirabeau : « On a évacué 110 maisons. Sur la place de Mirabeau, on avait plus de 600 personnes. Et à ça est venue s’ajouter spontanément la population. Il y a eu un élan de générosité énorme. Ça nous a vraiment facilité les choses. »

Jacques Decuignières, maire de La Bastidonne : « Ça ne m’a pas surpris franchement, je dirais que globalement les français sont bien meilleurs que tout ce qu’on peut raconter. A partir du moment où on fait confiance, on fait du lien, ça fonctionne. On se reconnait.. Ça fait du bien, par rapport à tous ces discours déclinistes, la réalité c’est ça. »

Dominique Santoni, présidente du parc naturel régional du Luberon : « Je crois qu’il faut profiter de cette occasion pour remercier tous les services, les bénévoles du CCFF, le SDIS, les habitants… tous les acteurs du territoire qui travaillent ardemment pour prévenir ces incendies ».

Maurice Chabert, président du Conseil Départementale du Vaucluse : « Je ne suis pas du tout surpris par le comportement des habitants. Ça prouve que malgré tout ce qu’on entend, il y a toujours de la solidarité. Et cette solidarité, il faut l’entretenir ».

Hugues Servière, responsable du Comité Communal Feu de Forêt (CCFF) de la Bastidonne : « J’ai constaté une grande solidarité. Des habitants nous ont proposé de l’aide, à boire, à manger. Il y a beaucoup de sympathie envers les CCFF. J’étais très fier. »

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