Simone Bontoux, habitante de Cabrières d'Aigues : "il faut changer sa façon de consommer"

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Simone est ce que l’on appelle une citoyenne écoresponsable et frôle presque le "zéro déchet". Grâce à quelques petites astuces dans son quotidien, elle ne sort son sac d’ordures ménagères de 20 litres qu’une seule fois par semaine. Tout le reste, elle le trie, le composte ou le donne à sa poule. Pour cette retraitée, il s’agit d’un changement d’habitude qui facilitera, pour tous, le geste du tri.

Depuis quand triez-vous et pourquoi ?
Depuis que la communauté de communes a installé les colonnes de tri. Ça doit faire une vingtaine d’années. Je trie chez moi mais quand je balade sur la route, je ramasse toujours quelque chose, que ce soit une bouteille ou un papier. Et quand je pars en randonnée dans le Luberon, c’est pareil. Il y a toujours des restes de pique-niques. Alors je ramasse, je ne peux pas m’en empêcher. Il faut le faire pour préserver l’environnement sinon quelle planète allons-nous laisser à nos petits enfants.

Trouvez-vous que cela soit facile de trier ?
Mais oui, c’est simple comme bonjour. Il suffit d’être organisé et de trier au fur et à mesure. Moi j’ai un bac à verre, un bac pour les journaux... Aujourd’hui, le tri est facilité par la Communauté de communes avec les deux colonnes au lieu de trois. Mais, les Français sont indisciplinés et ne mesurent pas les conséquences.

Concrètement comment faites-vous au quotidien ?
J’ai choisi de consommer autrement pour éviter les emballages. J’essaie d’acheter un maximum de produits qui se recyclent. Pour cela, je ne vais quasiment pas à au supermarché. Si j’y vais alors je choisis, par exemple, des pots de yaourts en verre. Pour l’eau, parfois je vais à la fontaine. J’utilise des éponges pour me démaquiller et non pas les cotons. Si j’ai des restes, je les donne à ma poule. Pour les fruits et légumes, je les achète en vrac, je vais chez le marchand, je les pèse et je les mets dans un filet à provisions. Pour les fraises, je ne savais pas quoi faire de ma barquette mais maintenant je sais que je vais pouvoir la trier et j’en suis bien contente. J’aurai encore moins de déchets.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui ne trient pas ?
Je n’ai pas de conseils à donner car les gens n’écoutent pas.

L’autre jour j’ai vu mon voisin, je lui ai demandé pourquoi il ne triait pas en expliquant que moins il allait trier, plus il paierait. Récemment, je l’ai vu passer avec son sac il allait aux colonnes de tri. Petit à petit les gens s’y mettent mais j’entends encore des personnes dire : « on paye assez cher pour en plus faire le tri ». Quand je vois ce qu’il y a dans les poubelles ça m’attriste. Parfois je vois des cartons alors que le conteneur à cartons est à 50 m. Il faut faire un effort individuel au début de la chaîne de consommation, à la source. Peut-être faudrait-il revenir au mode de consigne. Je pense qu’il y a un gros travail d’information à faire pour faire évoluer les mentalités. Il faut expliquer quelles sont les conséquences si l’on ne trie pas et changer ses habitudes sinon nous allons laisser une planète abominable à nos petits-enfants déjà que c’est une poubelle. Moi, par exemple, je ne sais pas où vont les déchets après, ni que faire par exemple de mes vêtements usagers, ceux que je ne peux pas donner aux associations. Alors j’entasse des sacs dans mon garage en attendant...