La massification des certifications forestières : une première mondiale

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Le 11 décembre dernier, COTELUB se réunissait à La Tour d’Aigues pour présenter aux élus et à la presse le projet pilote de massification de la certification des forêts en France. Un projet né après les incendies de 2017, qui met en valeur les forets, prévient les risques d’incendie et qui génère des revenus. On vous explique tout.
«  Je suis très fier de vous dire qu’effectivement, c’est une première mondiale, lance le président du Programme de Reconnaissance des Certifications Forestières (PEFC) pour la région Sud, Christian SALVIGNOL. On va vers une généralisation des PEFC en France, mais le principe de massification, c’est tout nouveau et c’est ici. »  Mais avant d’aller plus loin, qu’est ce que le PEFC ? C’est une certification forestière qui promeut la gestion durable des forêts, qui demeure le 1er système de certification forestière en termes de surfaces forestières certifiées et qui est la 1ère source de bois certifié au monde.

Petit retour en arrière 
Quelques semaines après les feux de 2017, le maire de la Tour d’Aigues, Jean-François Lovisolo, demande que le sud-Luberon devienne un secteur pilote pour mener une réflexion sur le bois. Il propose alors une alternative à la répression ou l’achat de matériel face aux incendies. Le maire parle déjà d’un entretien des espaces, d’une meilleure accessibilité des lieux et d’une filière bois qui pourrait apporter des revenus aux communes. « Faisons de cette catastrophe une opportunité pour les générations futures », affirme-t-il à l’époque. Il semble avoir été entendu.
Pionnier de la certification forestière en France, PEFC, via M. Salvignol, souhaite donc porter cette certification auprès des maires du territoire. Un travail long et énergivore. Pour gagner du temps et apporter du poids au message, un projet de massification est alors imaginé. Il permet de s’adresser directement à l’ensemble de la communauté de communes. Et ça marche.  « On a développé en détails les enjeux, afin que les maires puissent expliquer aux administrés et aux habitants le pourquoi d’une certification. On a apporté une vraie garantie sur l’aspect durable de cette action, précise le président. Ils se sont ensuite tous engagés conjointement dans ce projet. C’est bien, ils ont vraiment pris le taureau par les cornes ! » COTELUB, quant à elle, s’est engagée à prendre en charge les frais de certification nécessaires. Le mouvement est enclenché.

Que va-t-il se passer dans nos forêts dans les mois qui viennent ?
Les premiers travaux vont se concentrer sur l’entretien et l’accès aux massifs. Des « éclaircies » vont notamment être réalisées. Le but est de supprimer un certain nombre d'arbres d'une parcelle pour permettre une meilleure croissance des arbres restants.  Que fait-on de ce bois ? Voici un autre aspect positif du projet : la vente du bois certifié à des sociétés comme Uniper, société présente à Gardanne, permet de générer des revenus. Ces revenus permettent ensuite de financer d’autres travaux. Le tour est joué. Les espaces sont entretenus de manière durable, on réduit les risques d’incendie et le bois est vendu.
Cette première mondiale semble avoir mis la puce à l’oreille à d’autres interlocuteurs. M. Salvignol confirme : «  Au niveau national, d’autres intercommunalités sont intéressées dans le Var et dans le Vaucluse. Mais PEFC France souhaite aussi internationaliser le principe de massification. Car on en est très fier. » Prochaine étape pour PEFC, réussir à convaincre les propriétaires privés, dont seulement 5% possède la certification en France. Les maires vont devoir donc réunir ces propriétaires pour les responsabiliser. « On pense qu’il y aura un effet d’entrainement et qu’après les surfaces communales, les forêts privées suivront », espère le président.   

Plus d’info sur https://www.pefc-france.org/